Facture électronique en auto-entrepreneur : êtes-vous concerné, et à partir de quand ?

Mis à jour le 16 juillet 2026 · sources officielles vérifiées au BOFiP et sur Légifrance

En résumé

Vous devez pouvoir recevoir une facture électronique au 1er septembre 2026, ce qui suppose d’avoir choisi une plateforme agréée avant cette date. Vous devrez émettre vos factures au format électronique et faire de l’e-reporting au 1er septembre 2027. La franchise en base de TVA ne vous en dispense pas.

Calendrier officiel de la réforme de la facturation électronique pour un auto-entrepreneur
DateQuiObligationVous ?
1er septembre 2026Toutes les entreprises, sans exception de taille ni de forme juridiqueÊtre capable de recevoir une facture électronique, via une plateforme agrééeOui, vous êtes concerné
1er septembre 2026Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaireÉmettre toutes leurs factures au format électronique + e-reportingNon, pas vous
1er septembre 2027Micro-entreprises, TPE et PME — donc les auto-entrepreneursÉmettre les factures au format électronique + e-reportingOui, c'est votre échéance

Source : FAQ « Je découvre la facturation électronique », impots.gouv.fr, version 2.0 du 23/09/2025, questions 5.1 et 8.1.

Êtes-vous concerné ? Votre cas en 30 secondes

Trois obligations distinctes se cachent derrière le mot « obligatoire », et elles ne vous tombent pas dessus en même temps. Répondez à deux questions, vous aurez les trois verdicts avec leur date.

1. Votre situation au regard de la TVA
2. Qui facturez-vous ? (plusieurs choix possibles)

Votre verdict

Plateforme agréée avant le 1er septembre 2026 pour recevoir, puis émission de vos factures au format électronique au 1er septembre 2027.

  • OUI

    Recevoir des factures électroniques (et choisir une plateforme agréée) — 1er septembre 2026

    Sans exception. Même en franchise en base, même si vous n'émettez rien avant 2027 : vos fournisseurs, eux, factureront en électronique.

  • OUI

    Émettre vos factures au format électronique — 1er septembre 2027

    Uniquement pour vos clients professionnels établis en France. Vos factures aux particuliers et à l'étranger restent hors e-invoicing.

  • NON

    Transmettre vos données à l'administration (e-reporting)

    Vous ne facturez ni particuliers ni clients étrangers : vos données remontent déjà via vos factures électroniques.

Les quatre cas, en clair

Vous facturez des professionnels établis en France

C’est le cœur de la réforme. Facture électronique obligatoire au 1er septembre 2027, transmise par une plateforme agréée qui remonte aussi les données à l’administration. Pas d’e-reporting séparé pour ces opérations : la facture fait le travail.

Vous ne facturez que des particuliers

Aucune facture électronique à émettre. Jamais, tant que vos clients restent des particuliers. Ce que vous devez, c’est de l’e-reporting à partir du 1er septembre 2027 : le montant total de vos opérations par jour, transmis par votre plateforme. Et la réception au 1er septembre 2026, comme tout le monde.

Vous facturez des clients établis à l’étranger

Pas d’obligation d’émettre une facture électronique : la réforme s’arrête aux frontières. En revanche, les données de ces opérations partent en e-reporting, facture par facture cette fois, au 1er septembre 2027.

Vos opérations sont exonérées de TVA (art. 261 à 261 E)

Actes médicaux, certaines formations : ces opérations sortent du dispositif, ni e-invoicing ni e-reporting. Attention au piège — vous devez malgré tout choisir une plateforme agréée au 1er septembre 2026 pour recevoir les factures de vos fournisseurs. L’exemple est dans la FAQ officielle : le médecin généraliste et sa facture d’électricité.

« Je ne facture pas de TVA, donc je ne suis pas concerné » : faux

C’est la phrase qu’on entend le plus, et c’est une erreur de raisonnement. La franchise en base de l’article 293 B du CGI ne vous met pas hors du champ de la TVA. Elle vous rend assujetti non redevable : vous êtes bien dans le système, vous ne collectez simplement pas la taxe.

La nuance a l’air scolaire. Elle décide pourtant de tout : le dispositif vise les assujettis, pas les redevables. Un auto-entrepreneur à 12 000 € de chiffre d’affaires qui facture trois agences est aussi concerné qu’une PME de 40 salariés — seule la date d’émission diffère, et elle joue en sa faveur.

À ne pas confondre : franchise en base (art. 293 B — vous êtes dans le champ, donc concerné) et opération exonérée (art. 261 à 261 E — hors champ, donc hors dispositif pour ce que vous facturez). Un professeur de yoga en micro-entreprise relève du premier cas, pas du second.

Les quatre nouvelles mentions obligatoires

Les mentions habituelles du Code de commerce et du CGI ne bougent pas. Quatre s’y ajoutent, rendues obligatoires au 1er septembre 2026 par le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022, qui modifie l’article 242 nonies A de l’annexe II au CGI :

  1. Le SIREN du client. C’est lui qui permet à l’annuaire de router la facture vers la bonne plateforme. Sans lui, la facture ne trouve pas son destinataire.
  2. La catégorie de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux à la fois quand elles sont indépendantes l’une de l’autre.
  3. L’option de paiement de la TVA sur les débits, le cas échéant. En franchise en base, vous n’êtes pas concerné.
  4. L’adresse de livraison des biens, si elle diffère de l’adresse de facturation. Une mesure anti-fraude ; sans objet pour un prestataire de services.

Où nous en sommes, honnêtement. Notre générateur écrit déjà deux de ces quatre mentions dans le XML : l’identifiant du client (champ buyerSiret, sorti dans la balise SpecifiedLegalOrganization — nous stockons le SIRET, dont les neuf premiers chiffres sont le SIREN attendu) et la catégorie de l’opération (champ operationType, qui distingue déjà biens, services et mixte). Les deux autres mentions ne concernent ni la franchise en base ni les prestations de services, soit la quasi-totalité de nos utilisateurs. Le jour où elles vous concerneront, il faudra les ajouter — nous le dirons ici.

Ce que vous risquez vraiment

Les montants sont dans le CGI, dans sa version applicable au 1er septembre 2026. Ils sont plus bas que ce que laissent entendre les articles qui vendent un abonnement.

Sanctions applicables à la facturation électronique et à l’e-reporting
ManquementAmendePlafondTexte
Facture non émise sous forme électronique alors que vous y êtes tenu50 € par facture15 000 € par année civileart. 1737, III du CGI
Mention obligatoire omise ou inexacte sur une facture15 € par mentionun quart du montant de la factureart. 1737, II du CGI
Données d'e-reporting non transmises250 € par transmission15 000 € par année civileart. 1788 D du CGI
Aucune plateforme agréée après une mise en demeure restée sans effet 3 mois500 €, puis 1 000 € à la mise en demeure suivante1 000 € de plus tous les 3 mois tant que ça dureart. 1737, IV bis du CGI

Le paragraphe que personne ne cite. Le V de l’article 1737 écarte l’amende « en cas de première infraction commise au cours de l’année civile en cours et des trois années précédentes lorsque l’infraction a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l’administration ». L’article 1788 D prévoit la même clause pour l’e-reporting. Autrement dit : une première erreur corrigée sous trente jours ne coûte rien.

Plateforme agréée ou solution compatible ?

Deux objets différents, souvent confondus, et le vocabulaire a changé en cours de route.

Notre place dans ce schéma : nous produisons le format, pas l’agrément. Nous ne sommes pas une plateforme agréée et n’avons pas vocation à le devenir. Vous en choisirez une dans la liste officielle publiée par impots.gouv.fr — la seule qui fasse foi, les listes des blogs étant régulièrement en retard. Le choix est libre, et vous pouvez même en prendre une pour l’émission et une autre pour la réception.

Faut-il changer la mention « art. 293 B du CGI » ? Non.

Une rumeur circule sur ce point, et deux gros sites se contredisent. Voici ce qu’on a trouvé en allant voir les textes.

L’ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 recodifie bien toute la TVA dans le code des impositions sur les biens et services, et le CIBS entre en vigueur le 1er septembre 2026 — la même date que la réforme, d’où la confusion. La franchise en base y devient l’article L. 223-3. Mais deux choses bloquent le changement de mention :

Conclusion pratique : gardez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures. Nous n’avons rien changé dans nos guides ni dans le modèle de facture, et c’est un choix documenté, pas un oubli. Si le BOFiP bascule sur la référence CIBS, nous mettrons cette page à jour et la date en haut changera.

Notre avis, tant qu’à être francs : recopier un numéro d’article trouvé sur un blog concurrent est le meilleur moyen d’écrire une mention fausse sur une facture. Deux sites très visibles annoncent aujourd’hui deux articles différents. Au moins l’un des deux se trompe.

Ce que Factur-X veut dire concrètement

Factur-X est un PDF normal avec un fichier XML greffé dedans. Vous voyez une facture, la machine lit des balises. Rien de plus. C’est le format d’entrée que les plateformes agréées acceptent, et c’est celui que nous générons.

Plutôt que de vous demander de nous croire, voici le fichier. Il est produit par la fonction qui fabrique les vraies factures du site, avec les données de Marie, la graphiste bordelaise de notre modèle de facture : facture FA-2026-0042, un logo à 600 €, deux jours de conseil à 800 €, 1 400 € au total, sans TVA.

Télécharger un vrai fichier Factur-X d’exemple

XML au standard CII (profil minimum), le même que dans nos factures. Ouvrez-le dans un éditeur de texte : vous verrez le SIREN du client sous SpecifiedLegalOrganization, et la mention de franchise sous ExemptionReason.

exemple-facture-facturx.xml

Ce qu’il y a à faire, dans l’ordre

  1. Avant le 1er septembre 2026 : choisir une plateforme agréée dans la liste officielle, au moins pour recevoir. C’est la seule échéance qui vous engage cette année.
  2. Vérifier votre SIREN et vos coordonnées. La facture électronique est routée par l’annuaire ; une donnée fausse, et elle n’arrive pas.
  3. Collecter le SIREN de vos clients professionnels. À faire dès maintenant, tranquillement, plutôt qu’en août 2027.
  4. Émettre déjà en Factur-X si vous facturez des professionnels. Ça ne coûte rien et ça vous évite de changer d’outil le jour J.

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Nous ne sommes pas une plateforme agréée : il vous en faudra une pour transmettre. Nous produisons le format qu’elle attend.

Questions fréquentes

La facture électronique est-elle obligatoire pour les auto-entrepreneurs ?

Oui, en deux temps. Vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée au 1er septembre 2026. Vous devez émettre vos factures au format électronique et transmettre vos données à l'administration au 1er septembre 2027, comme toutes les micro-entreprises, TPE et PME.

Je suis en franchise en base de TVA, suis-je concerné ?

Oui. La franchise en base ne vous sort pas du dispositif : vous êtes assujetti à la TVA, simplement non redevable. C'est la confusion la plus fréquente. Le calendrier qui s'applique est celui de tout le monde : réception au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027.

Je ne facture que des particuliers, dois-je émettre des factures électroniques ?

Non. La facture électronique concerne les opérations entre assujettis établis en France. Vos ventes aux particuliers relèvent de l'e-reporting : à partir du 1er septembre 2027, vous transmettez le montant total de vos opérations par jour via votre plateforme agréée, pas facture par facture. En revanche, la réception et le choix d'une plateforme agréée s'imposent quand même au 1er septembre 2026.

Dois-je choisir une plateforme agréée même si je n'émets rien avant 2027 ?

Oui, avant le 1er septembre 2026. Vos fournisseurs qui sont de grandes entreprises devront émettre en électronique à cette date, et vous devez pouvoir recevoir leurs factures. L'administration prend l'exemple d'un médecin qui doit choisir une plateforme agréée pour recevoir les factures de son fournisseur d'énergie ou d'accès internet, alors même que ses actes sont exonérés de TVA.

Quelle est la différence entre une plateforme agréée (PA) et une solution compatible (SC) ?

Une plateforme agréée est immatriculée par l'administration fiscale : elle seule peut transmettre vos factures à la PA de votre client et vos données à l'administration. Une solution compatible est un logiciel de facturation qui produit le bon format mais n'a pas l'agrément : elle doit être raccordée à une plateforme agréée. Une SC seule ne suffit pas. Les termes PDP et OD, utilisés jusqu'en 2024, désignaient respectivement les PA et les SC.

Un PDF envoyé par email est-il une facture électronique ?

Non. La FAQ officielle est explicite : « un PDF simple envoyé par mail n'est pas une facture électronique au sens du dispositif ». Il faut un format structuré, transmis par une plateforme agréée. Le Factur-X répond au premier point, la plateforme au second.

Quelles sont les nouvelles mentions obligatoires ?

Quatre, rendues obligatoires au 1er septembre 2026 par le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 qui modifie l'article 242 nonies A de l'annexe II au CGI : le SIREN du client, la catégorie de l'opération (livraison de biens, prestation de services ou les deux), l'option de paiement de la TVA sur les débits le cas échéant, et l'adresse de livraison des biens si elle diffère de l'adresse de facturation.

Quelles sanctions si je ne suis pas en règle ?

50 € par facture non émise en électronique, plafonnés à 15 000 € par an (art. 1737, III du CGI), et 250 € par transmission d'e-reporting manquante, plafonnés à 15 000 € par an (art. 1788 D). Mais une première infraction sur les quatre dernières années civiles, réparée spontanément ou dans les trente jours suivant la demande de l'administration, n'est pas sanctionnée.

Faut-il changer la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » au 1er septembre 2026 ?

Non. Le BOFiP mis à jour le 1er juillet 2026 prescrit toujours « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». La TVA est bien recodifiée dans le code des impositions sur les biens et services au 1er septembre 2026, mais l'article 46 de l'ordonnance n° 2025-1247 prévoit que les références aux dispositions abrogées du CGI s'entendent comme des références aux dispositions du CIBS qui les reprennent. Gardez la mention actuelle.

Qu'est-ce que le format Factur-X ?

Un PDF lisible à l'écran qui embarque un fichier XML structuré lisible par les machines. Un humain y voit une facture normale, une plateforme y lit des données exploitables. C'est le format que nous générons, et celui que les plateformes agréées acceptent en entrée.

Puis-je m'y mettre avant 2027 ?

Oui. Les TPE et PME peuvent anticiper l'échéance du 1er septembre 2027 en se rapprochant d'une plateforme agréée. Tant que vous n'êtes pas soumis à l'obligation d'émission, vous restez libre du format de vos factures. Notez que l'entrée anticipée en facturation électronique n'entraîne pas automatiquement l'entrée en e-reporting : les deux se décident séparément, au plus tard au 1er septembre 2027.

Ai-je besoin d'un logiciel payant pour être en règle ?

Pas nécessairement. Si vous émettez 5 factures par an à des particuliers, un abonnement à 10 €/mois n'a aucun sens : il vous faudra une plateforme agréée pour recevoir, et de l'e-reporting en 2027. Un outil de facturation devient utile quand vous facturez régulièrement des professionnels, parce qu'il produit le format structuré et les mentions attendues sans que vous ayez à y penser.

Sources officielles

Chaque date et chaque montant de cette page vient de l’un de ces textes. Vérifiez-les, c’est votre conformité fiscale qui est en jeu.

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